Capteur #238

2024 sera-t-elle une nouvelle année à se battre contre des moulins à vent ?
C’est bien possible, mais on notera que si Don Quichotte et son compère Sancho Panza semblent toujours aussi motivés, le moulin, lui, en a perdu ses ailes ! Tout un symbole…
Meilleurs vœux pour cette nouvelle année qui commence !

Photo en couleur montrant une sculpture en métal de Don Quichote et Sancho Mansa devant un moulin blanc.
La Mancha! – cc by-sa manu’pintor – nov.23

L’Afrique du Sud fait parler d’elle ces derniers temps, n’est-ce pas ?…

Courrier International nous présente un portfolio original en provenance de ce pays, signé Patricia Kühfuss.

Un cache-cache visuel avec le langage gestuel utilisé à Johannesburg, en Afrique du Sud, pour attraper un mini-taxi dans la bonne direction.

How to get home – Patricia Kühfuss
Photo couleur de Patricia Kühfuss montrant une main appuyée contre un pylône  avec le pouce et l'index déployés, un signe particulier pour appeler un taxi.
Pouce et index dressés ? En route pour l’hôpital de Leratong, à Soweto. PHOTO SIYA FONDS/PATRICIA KÜHFUSS

Une Langue des Signes en quelque sorte. À voir aussi ici et plus !

Assez peu d’actualités photographiques me sont parvenues aux oreilles ces derniers temps. Pas mal d’expositions mentionnées dans les derniers capteurs sont toujours en cours. Je suis par exemple passé voir l’exposition du britannique Christopher Taylor, Islande à l’Abbaye de Flaran (Gers) et je n’ai pas regretté le voyage. Belle expo dans un cadre magnifique, doublée d’une exposition de peintures et sculptures impressionnante.

Au Château d’Eau de Toulouse, du 25 janvier au 14 avril, une double exposition avec Arno Brignon, Us : 60 photographies couleur et NB argentiques sur films périmés et Philémon Barbier, Rien à perdre qui documente la construction de l’identité des jeunes des milieux populaires à travers la musique rap qui fait partie intégrante de leur quotidien.

Photo couleur d'Arno Brignon montrant une maison écroulée dans un paysage très arboré, aux États-Unis.
© Arno Brignon / Signatures

La minute IA générative !

Comme je l’écrivais dans un précédent capteur, je ne vais pas me priver en 2024 de commenter les nouvelles concernant ces IA dégénératives qu’on nous servira de plus en plus. Le pire reste à venir, je n’en doute pas. 😀
Je pourrais prétendre que ces dernières presque 40 années dans les métiers de l’informatique (mon boulot quoi) m’aident certainement à y voir un peu plus clair sur les conséquences qu’elles impliquent, mais ce serait loin de suffire, et d’ailleurs cette longue expérience n’est pas indispensable pour prendre du recul et se poser pour mener une réflexion sur ces questions.

Depuis l’avènement des “réseaux sociaux”, prendre du recul est à la fois devenu une nécessité absolue pour quelqu’un⋅es, et mission impossible pour tant d’autres.
L’irruption de l’IA dégénérative (je l’appellerai ainsi dorénavant) est juste un ÉNORME coup de boost à cette plaie. On récoltera ce qui aura été semé, qu’on y ait contribué ou pas.

Chacun⋅e sait depuis longtemps que nos “amis” GAFAM (*) identifient nos trognes en photo depuis belle lurette (de heurette, diminutif de heure), avec ou sans compte chez eux et en font leur beurre 10 000% matière grasse.

À présent, ils ne tarderont plus à identifier avec précision où la-dite photo a été prise.

On n’est pas à ça près quand on n’a rien à cacher et donc tout à montrer, bien sûr !

Cet article korii. (slate) nous informe que des étudiants de Stanford (Californie) sont parvenus avec des moyens très limités à développer une IA qui permet d’identifier à une 40aine de kilomètres près, à ce jour (enfin au moment de leur découverte…), le lieu de la prise de la photographie. Et ce avec seulement 500 000 images de gogole strit’viou ! À peu près trois fois rien comparé aux milliards d’images que cette base contient.

Génial t’exclameras-tu !?
Et ne doutons pas une micro-seconde du potentiel énormissime que l’IA peut apporter à l’humanité dès lors qu’elle est (ou sera) utilisée pour des causes éthiques, humanistes, intelligentes.

Mais bon, les choses ne sont pas toujours exactement comme ça, on commence à s’en rendre un peu compte, non ? Sinon, il est peut-être temps de se poser un peu pour y réfléchir. Juste pour prendre la mesure du tsunami qui déferle, là. Oui, maintenant.

Je sais qu’évoquer les milliards de dollars que ces GAFAM et leurs compères (la liste est un peu longue, et de plus en plus longue mais pas infinie, loin de là !) se font sur des populations bien disciplinées pour contribuer à leurs profits astronomiques, ça reste assez abstrait.
Millions, milliards, centaines de milliards, enfin bon… tout ça quoi… Jamais été bon⋅ne en math, hein ?
Et puis bon… ça va quoi, c’est pas avec ce que je fais sur le web, moi à ma toute microscopique échelle, que ça va changer quoi que soit ! Entend-on souvent…
Victime consentante parmi plus de 4 milliards d’autres, pauvre de toi. 🙂

Connais-tu la fable de la grenouille ?

Miam !
(non pas toi, toi t’es la cuisse de grenouille en persillade ).

Image en couleur montrant Kermit la grenouille assise dans une marmite bouillonnante.

(*) j’entends encore dire ici ou là “goût gueule est mon ami…” ou “je demande à mon ami goût gueule” 😀

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4 commentaires sur “Capteur #238

  1. Arnaud Chochon says:

    Les phénomènes d’adaptation, généralement bénéfiques à l’individu et aux sociétés, se révèlent finalement nocifs.
    (Wikipedia)
    À très bientôt !

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