Capteur #234

L’actualité dans le monde de l’image photographique. Local bien sûr, mais pas que avec encore un nouveau délire autour de l’IA générative. Et oui…

Photo noir et blanc montrant une route et sa bande blanche discontinue partant vers l’horizon dans un décors désertique
en el desierto – cc by-sa manu’pintor – Aragón nov.23

Pas une semaine sans qu’un sujet sur l’IA générative en photographie ne défraie la chronique, et presque jamais pour en faire l’éloge, tiens donc !

Dans la novlangue orwellienne qui nous submerge de termes abscons, souvent débiles, on ne dit plus une image, quand ce n’est pas une “photo”, générée par IA mais une “expérience post-photographique” !

En regardant tout à l’heure ce récent Dessous des images d’ARTE “Fidel Castro : illustrer le passé grâce à l’intelligence artificielle” (alternativement ici si le lien invidious est bloqué), je me suis demandé depuis combien de temps je relate ici ce que je considère depuis lors comme le début d’une dérive absolument pas maîtrisée dans le domaine de la photographie, pour ne parler que de ce qui nous intéresse ici. Enfin, pas maîtrisée ça dépend pour qui !

Il me semble que c’était le capteur #117 du 17 novembre 2019, il y a donc 4 ans maintenant.
Et pour le coup, je me suis rendu compte que je n’avais pas créé la catégorie “IA”, ce système de catégories qui permet de sélectionner les capteurs selon un mot-clé.
Je viens d’essayer de mettre à jour les capteurs qui parlent donc de l’IA (sous entendu générative).

Car finalement je reviens sur ce que j’avais décidé, à savoir arrêter de partager mes opinions sur ce phénomène. Mais, au contraire, je décide maintenant de ne pas me priver de relayer quelques éléments à charge concernant l’IA générative en photo, et peut-être même dans d’autres domaines.
Pour ce qu’il en dit” est et reste le “slogan” de mon blog. 😀


Est-ce que je suis le seul à trouver que la musiquette du générique du Dessous des Images est insupportable ? !

Depuis janvier 2014 si je ne me trompe pas trop, soit bientôt 10 ans, le bar-brasserie Le Cactus à Toulouse organise chaque mois une exposition photo dans le cadre d’un programme intitulé 11 mois, 11 photographes.
Cette initiative de Patrick Pavan auquel s’est évidemment jointe Régine (qui tient le Cactus depuis bien plus longtemps encore), a pour objectif de permettre à des photographes de montrer leur travail, en toute simplicité.
J’ai eu le plaisir d’y exposer à 3 reprises certaines de mes photos (Portugal, Nairobi, Musicalarue) à partir de février 2014. Et j’ai toujours eu à cœur d’aller aux vernissages chaque 1er jeudi du mois quand cela m’était possible.

11 mois, 11 photographes soit, mais quid du dernier mois de l’année ? Le 12ème mois est traditionnellement dédié au Cactus lui-même, chacun⋅e des 11 photographes est prié⋅e de réaliser une photographie sur un thème fixé en début d’année, toujours autour du Cactus. Ainsi donc, la 12ème exposition de décembre reflète les perceptions (et talents) des auteur⋅rices précédent⋅es à propos du Cactus.

Affiche de l'exposition 11 mois, 11 photographes au Cactus Toulouse pour le mois de décembre 2023

Je me permets de reproduire ce que Joël Arpaillange cite dans sa propre annonce de cette dernière expo, il ne m’en tiendra pas rigueur. Tout y est vrai ! 😀

Le Cactus n’était pas le genre de bar à figurer dans les guides.

Il n’avait pas plus de 100 ans d’existence, comme chez Authié.

Il n’était pas situé sur l’une des places plus remuantes de la ville, comme le bar Basque et il n’accueillait pas les célébrités, comme l’Ubu Club.

Il ne possédait pas non plus la dignité agressive des cafés qui clament haut et fort leur ambition d’être le dernier lieu à la mode. Ni l’atmosphère compassée des brasseries historiques de la place Wilson. Il était en apparence rigoureusement identiques des centaines d’autres bars –mais les apparences sont trompeuses pour les bars comme pour les gens.

Le Cactus possédait bien plus que cela : une clientèle de fidèles qui avaient choisi d’être là comme des chats décident d’habiter quelque part.

Et une légende… Bâtie par le précédent propriétaire, homme intrépide qui recevait –et virait– qui il voulait de son établissement à toute heure du jour et de la nuit : putes, travelos, voyous et des flics. Dans un quartier pas forcement amoureux du bleu.

À sa mort, il avait légué le bar et sa légende à son employée et depuis, la « patronne » –qui écrivait des poésies à ses heures– menait la barque d’une main ferme et douce sachant que ceux qui embarquaient le faisaient aussi pour elle.

                          N’ÉTEINS PAS LA LUMIÈRE – Bernard Minier – XO ÉDITIONS  p188- 189

Pour les lecteur⋅rices qui se sentent concerné⋅es par cette épopée d’une 10aine d’années avec ces cycles 11 mois, 11 photographes, je soumets cette idée que Patrick Pavan m’évoquait lors du dernier vernissage de l’exposition d’Arnaud ChochonMonferran-Savès – Gers, jusqu’au 25 janvier) : un livre mémoire de toutes les expositions, ne serait-ce qu’avec les affiches, mais pourquoi pas les textes que des photographes auraient écrits à l’occasion, ou d’autres sur le Cactus par exemple…

Au même moment, ce jeudi 7 décembre aura lieu le vernissage de l’exposition de Felipe Fittipaldi au labo Photon à Toulouse.

Affiche de l'exposition de Felipe Fittipaldi au laboratoire Photon à Toulouse du 7 décembre 2023 au 6 février 2024

On reconnaîtra des photos qu’on a pu voir au festival ImageSingulières à Sète, qui ont valu à Felipe Fittipaldi de recevoir en décembre 2022 le Prix ISEM de la photographie documentaire.

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1 commentaire sur “Capteur #234

  1. Sabine C says:

    Coucou Manu, le passage sur la cactus m’a transportée et j’ai adoré me faire trimbaler sereinement par le texte cité. Merci les mots. Bises.

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