Capteur #195

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Un tour au Portugal, et puis encore une “prouesse” de l’Intelligence Artificielle appliquée à la photo, voilà pour ce capteur.

marinheiro e sereias - cc by-sa manu'pintor - août 13
marinheiro e sereias – cc by-sa manu’pintor – août 13

Je ne suis pas réactionnaire sur la technique et je n’ai pas de purismes exagérés. J’ai passé trop d’heures dans le noir, à l’intérieur d’un laboratoire, à développer et à tirer des photos pour regretter ces moments.

Alfredo Cunha

C’est la saison France-Portugal 2022, le savais-tu ?

Parmi les multiples échanges que cette saison France-Portugal promeut, il y a bien sûr la photographie. Et il se trouve qu’il y a ici et là en France, et au Portugal, des expositions photos croisées. Une bonne occasion de s’intéresser un peu à la photographies portugaises, non ?

Alfredo Cunha, par exemple, qu’À l’Œil nous fait découvrir dans un dernier article, et j’ai vraiment eu envie d’en savoir plus sur le travail de Cunha, à qui on a accroché l’étiquette de “photographe du 25 avril”, même s’il a couvert pendant 50 ans beaucoup d’autres sujets de par le monde.

Salgueiro Maia, le 25 avril 1974. Photo Alfredo Cunha
Salgueiro Maia, le 25 avril 1974. Photo Alfredo Cunha

Cette photo est emblématique pour moi de son entrée dans le photojournalisme, bien qu’elle mit 20 ans pour être enfin publiée, car rejetée initialement par les journaux (…). Salgueiro Maia est un héros de la Révolution des Œillets, peut-être même celui grâce à qui cette révolution qui libéra le peuple portugais du joug dictatorial qui l’opprimait depuis 1933 a pu éclater.

Et Alfredo Cunha n’avait que 20 ans.

Alfredo Cunha
Alfredo Cunha

Bon, il faudra aller à la Villa Tamaris à La Seyne-sur-mer pour contempler ses photos, mais c’est déjà moins loin que le Portugal (ce qui n’empêche rien !) et, bon, une fois à Arles pour les rencontres, il reste quoi, 2h de route pour La Seyne ? Un pastis sous les platanes, les voiliers qui font le bouchon dans le port, une bouillabaisse, l’accent provençal…

Il n’a pas de site, Alfredo Cunha, mais on trouve pas mal de ses photos sur le site de L’Observador [Pt] ou celui de Publico [Pt] ou encore de Rádio Renascençà [Pt]. Je vous les recommande.

Et puis il a publié des livres de photographies, dont “Raízes da Nossa Força” (1972), “Vidas Alheias” (1975), “Disparos” (1976), “Naquele Tempo” (1995), “O Melhor Café” (1996), “Porto de Mar” (1998), “Cuidado com as crianças” (2003), “Cortina dos Dias” (2012), “O grande incêndio do Chiado” (2013), “Os rapazes dos tanques” (2014) e “Felicidade” (2016).

Il faudra sans doute les chercher du côté des vendeurs portugais car en France… Et c’est un peu décevant je trouve.

Et pour apprendre à connaître d’autres photographes portugais⋅es, un point d’entrée peut-être avec le blog de Aldeia de Gralhas – Terra Lusitana.

Et moi, je vais peut-être me remettre au portugais, tiens ! Há trabalho a fazer!

Sans rapport, cette relative nouveauté technique que je découvre : un outil Open Source d’Intelligence Artificielle qui permet de supprimer en quelques secondes n’importe qui, n’importe quoi figurant sur une image, une photo. LaMa est son petit nom, mais disons qu’il faut des compétences très avancées pour parvenir à l’utiliser tel quel.

Open Source ? Oui, un logiciel éthique, pas le genre pompe à fric qui, en plus, fera peut-être quelques collectes de données personnelles pour les envoyer à la maison mère.

Intelligence Artificielle, souvent pas très éloignée de la bêtise (non) artificielle, pour rester poli, quand on voit ce à quoi certaines méga-boîtes du numérique, et d’autres secteurs, entendent la développer. Bref, l’IA est à l’informatique ce que de ton dernier matériel photo ultra sophistiqué est à la chambre claire.
L’hyper-espace…
À tel point qu’on a du mal à se le figurer concrètement, mais toujours est-il que les avancées en la matière sont déjà bien au delà de ce qu’on imagine. Pour le meilleur comme pour le pire.

Pour revenir à nos moutons, comme pour beaucoup de projets Open Source pas encore tout à fait aboutis, des boîtes (qui se sont peut-être créées à l’occasion), ont un peu fini le boulot avec une interface utilisable par le commun des mortels (et pas que les geeks), au rang desquels hama et cleanup.pictures.

Pour le moment, il faut comprendre l’anglais (ou le chinois, ou le coréen), mais le principe est assez simple. Pour la version “Free”, c’est à dire gratuite, il faut téléverser une photo sur le site (qui ne le gardera pas), utiliser l’outil pour indiquer ce qu’il faut retirer et presque immédiatement la photo modifiée est là, sous tes yeux ébahis. 😆 Il n’y a plus qu’à la télécharger sur son ordi ou smartphone.

J’ai testé et c’est assez bluffant. Voilà la photo d’origine, et les photos gommées que les deux précédents sites m’ont rendu en à peine le temps qu’il faut pour le dire.

slums of Nairobi - cc by-sa manu'pintor - avril 14
slums of Nairobi – cc by-sa manu’pintor – avril 14
Photo
Photo “reprise” avec le site cleanup.pictures – cc by-sa manu’pintor
Photo
Photo “reprise” avec le site hama.app – cc by-sa manu’pintor

La version gratuite limite la taille de la photo rendue. Il faut acheter une redevance mensuelle ou annuelle (promos en cours !) pour bénéficier de la totale, notamment des dimensions au delà de 720 pixels pour le grand côté.

Gadget ? Peut-être. Mais ça en dit pas mal sur où en est l’informatique appliquée à la photo, d’nos jours… De là à ce qu’on arrête de se prendre la tête à cadrer correctement, attendre que telle personne sorte du cadre, ou quoi que ce soit d’autre que je ne suis pas en mesure d’imaginer à ce stade…

La manipulation des images, le trucage des photos a de beaux jours devant lui. Et puis, si je peux virer un élément d’une image, tu parles qu’en inclure un autre en deux clics de sorte qu’il paraisse avoir bien été là à la prise de vue, ça doit pas être bien sorcier ! 😆

On arrête pas l’progrès ma pauv’dame !

Mouais…

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Denis Biguzzi
Il y a 14 jours

Expo à voir : Jane Evelyn Atwood au château de Laréole du 3 juin au 25 septembre.Personne très sympa et abordable. Conseil départemental dans le cadre du MAP, y z’ont les moyens quand ils veulent…