Quand les vaches regardent passer les trains qui vont aux abattoirs

Ah oui, il n’y a pas que des capteurs sur ce blog, y’a aussi de (trop ?) rares “billets d’humeur” made in manu’land, enfin y’a ce qui me plaît d’y mettre pour tout dire ! 😎

Aujourd’hui, un mot sur la fin annoncée de l’Internet qu’on a pu connaître (mais pas tous !), cet espace des libertés, ce gros foutoir hors les sentiers du pouvoir et du pognon à la louche (mais pas pour tous !). C’en est à se demander comment ça a pu exister. Pour me remonter le moral sans doute, l’ami Yannick me passait y’a quelques jours cet article d’Usbek & Rica intitulé Internet est mort, vive le Trinet d’Annabelle Laurent.

manu' aux Abattoirs - photo S.R déc.2008

manu’ aux Abattoirs – photo S.R déc.08

OK, je sais bien qu’autant de mots, devoir scroller du texte pour suivre autre chose qu’un flux fakebooth ou un fil cuicui, c’est un peu un challenge. Et oui, il devrait y avoir des versions audio, ça doit déjà exister un plugin audio pour les navigateurs. 😉

Dans le genre vieux con, je précise que dès 93 je montais des mailing lists pour échanger avec des passionnés comme moi de trucs qui nous faisaient kiffer, suivais des newsgroups, contribuais à des forums divers et variés, bref je m’activais déjà sur Internet y’a bien plus de 20 ans. C’était spécial, sûrement, mais c’était aussi et surtout un espace de libertés sociales, politiques, artistiques, etc… et assez fortement hors des combines mercantiles avides de plus de thunes, et donc de pouvoir. Un vieux con, je te dis.

Et ils ont débarqué, avec des airs de rien, pire : de bienfaiteurs. Oui, d’abord les gogole, y’a où, et j’en passe, un grand nombre a explosé en vol depuis dans le combat titanesque que ces turnes se sont livrées immédiatement, d’abord en loucedé et rapidement à découvert puisque le pouvoir était déjà là et le public captif.

À présent, l’étude mentionnée par l’article nous explique que « Facebook et Google ont désormais une influence directe sur 70 % du trafic Internet », et que…

Chaque entreprise a misé pleinement sur ce qu’elle faisait le mieux : le social pour Facebook (qui a racheté Whatsapp, Instagram…), l’intelligence artificielle pour Google, et elles ont ainsi cessé d’être concurrentes directes. Quant à Amazon, sa montée en puissance spectaculaire a été bien expliquée par Scott Galloway et se traduit par un chiffre récent : aux Etats-Unis, sa part sur le marché du e-commerce doit atteindre 43,5 % en 2017, contre 38 % l’année précédente.

Mais encore si c’était tout !? Les jours de la neutralité du net sont à présent réellement comptés. Mais qui s’en soucie ?

« À cause de la demande du marché, les fournisseurs d’accès à Internet fourniront un accès moins cher à Google, Facebook et Amazon, et l’offre sera plus chère pour un accès complet au Web ». Comme le souligne André Staltz, c’est déjà le cas : le Portugal vient de décider de laisser faire le marché et d’offrir des forfaits Internet à la carte, chacun étant libre de n’avoir accès qu’à des applications de messagerie ou des réseaux sociaux pour moins cher.

Et certains s’étonnent de l’existence depuis le début de la décennie du darknet, et son développement constant, une question de survie en quelque sorte.

Anecdote pour finir ce billet d’humeur qui motivera peut-être certain(e)s à s’intéresser un peu plus aux questions sur la pérennité d’un Internet indépendant, et non pas juste à la botte de quelques sociétés de contrôle des populations.
J’évoquais l’article cité au début de ce billet lors d’une récente discussion avec un (gros) consommateur de fakebooth et autre prétendus réseaux sociaux au point de ne plus lire ses mails qu’épisodiquement, ignorer totalement les formats newsletters et tous autres flux d’informations (RSS ? qu’es aquò ?). Bref, un heureux du minitel f.

Oui oui, 1984, je connais. J’ai commencé à le lire. Bon j’ai arrêté. Mais bon, je vois le topo quoi…

1984 ? Avais-je évoqué ce bouquin d’Orwell ? (non…)

Mais c’est juste qu’on en est plus du tout là ! 1984 et big brother c’est de l’histoire déjà bien ancienne et les enjeux à présent sont encore pire. Et l’accélération du délabrement de l’Internet est juste croissante, comme pour la nature tiens d’une certaine manière.

On en recause dans… allez 2 ans.

Ou pas.

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